Environnement : comment les pouvoirs publics peuvent agir contre la forte chaleur

« Tous les Français » sont exhortés à ne pas « abuser de la climatisation » car elle « consomme beaucoup d’énergie », a déclaré ce week-end la ministre de la Transition écologique, Amélie de Montchalin. Alors que mai a été le mois le plus chaud et le plus sec jamais enregistré en France depuis le début des relevés de température de Météo France, avec une température moyenne de +1,9 degrés au-dessus de la normale, la chaleur a parfois été difficile à supporter dans certaines régions. Et le mois de juin s’ouvre sur la même note avec une chaleur record pour cette période de l’année enregistrée le samedi 4 au Cap Corse, au nord de l’île de Beauté, avec 37,4 degrés.

La climatisation, présente principalement dans les villes les plus chaudes, donc dans le sud de la France, est efficace pour rafraîchir une pièce, mais elle est très énergivore et « pèse donc aujourd’hui fortement sur la consommation énergétique nationale et les émissions de CO2 », alerte l’Environnement et l’Énergie. Agence de Gestion (Ademe). De quoi faire dire dimanche à Amélie de Montchalin sur RTL que « le changement climatique est à l’oeuvre ».

Alors, d’ici 2050, on s’attend à deux fois plus de canicules, rappelle l’Ademe, il faudra nécessairement envisager d’autres moyens que les systèmes de climatisation pour rafraîchir cet été et les suivants.

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Protéger les logements

Protéger les logements

L’Ademe propose encore dans un document des conseils aux Français afin de protéger leur logement des températures trop élevées. Parmi elles, la protection des fenêtres par des stores, des parasols, des vents violents ou des rideaux, de préférence de couleur claire pour réfléchir la lumière et la chaleur. Remplir sa maison de plantes pour ombrager ou rafraîchir la pièce est également une solution proposée par l’agence. Cependant, si ces solutions ne suffisent pas, vous pouvez toujours ventiler votre maison ou votre appartement au bon moment de la journée et éventuellement investir dans un ventilateur.

Mais ces solutions dépendent du bon vouloir des particuliers et Amélie de Montchalin n’a donné ni détails ni consignes sur les limites d’utilisation de la climatisation. De plus, « il est difficile de réguler la climatisation car elle sera nécessaire pour des centaines de logements », explique François Gemenne, membre du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et chercheur à l’Université de Liège. Lire aussi : Agir en Bray vient de lancer une machine à laver solidaire à Neufchâtel-en-Bray. Par ailleurs, « on ne peut pas imaginer qu’une politique climatique repose uniquement sur des efforts individuels, ils ne peuvent pas se substituer aux politiques publiques », ajoute-t-il.

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La ministre du gouvernement d’Elisabeth Borne « veut que nous construisions des maisons différentes, que nous les isolions, que nous réduisions notre consommation d’électricité ». Une meilleure isolation de la maison permet de limiter la chaleur à l’intérieur mais aussi le froid lorsque les températures sont basses, et ainsi de réduire la consommation d’énergie. « Beaucoup de personnes vivent encore dans des logements très mal isolés et vont subir les canicules, c’est notamment le cas à Marseille qui a un besoin absolu de rénovation thermique des logements », précise François Gemenne.

D’autres idées, pointées par Le Figaro, peuvent aussi être envisagées au moment de la construction, comme le puits provençal qui alimente en air frais une maison par un conduit enterré dans le sol, ou encore des logements selon le modèle des maisons créoles. qui existent déjà dans les territoires d’outre-mer.

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Rafraîchir les villes

Rafraîchir les villes

Plus largement, il existe plusieurs manières de rafraîchir les milieux de vie, à commencer par les villes qui concentrent généralement la plus forte chaleur car ce sont des îlots de chaleur, constitués de goudron et de béton. Le trafic et la pollution rendent les pics de chaleur particulièrement étouffants. Ceci pourrez vous intéresser : Une voiture électrique pour faire fonctionner une maison ? Ce sera bientôt possible !. Mais là encore, le gouvernement a la possibilité d’adoucir la température perçue.

Ainsi, dans son dernier rapport, le GIEC appelle à repenser les zones urbaines « par la réduction de la consommation d’énergie (par exemple par la création de villes compactes et praticables), l’électrification des transports en combinaison avec des sources d’énergie à faibles émissions et mieux absorption et stockage du carbone par la nature ». On peut envisager la multiplication des surfaces végétales, « entre les rues arborées et les rues sans arbres, on peut avoir un écart de trois ou quatre degrés », selon François Gemenne. Les points d’eau baissent aussi la température, mais changent aussi la couleur des toits, une piste de « géo-ingénierie douce ». Peindre un plafond en blanc abaisse également la température en réfléchissant la chaleur. Le choix des matériaux est également crucial. Des matériaux tels que le bois ou la pierre sont considérés comme des isolants particulièrement efficaces et à faible conductivité.

« Certaines villes et communes ont déjà commencé à agir. La métropole de Lyon utilise déjà de la peinture anti-chaleur, ce qui a permis aux rues concernées de faire baisser la température de 47°C à 37,9°C », a-t-il déclaré à L’Express, Fanny. Petitbon, responsable juridique chez Care France. De son côté, la Mairie de Paris s’est engagée en 2004 à réaliser un premier bilan des consommations d’énergie et des émissions de gaz à effet de serre sur le territoire, pour adopter en 2007, un « Plan Climat », riche de 500 mesures adoptées « dans divers domaines ». . d’action (bâtiment, transports, énergie, alimentation, déchets, cadre de vie, mobilisation, finances…) », précise la place de la ville.

Si on ne peut pas dire que rien n’a été fait, « c’est encore insuffisant face aux défis à venir », a déclaré l’expert du GIEC, « et ils sont assez consensuels d’un point de vue politique ». Mais selon le spécialiste, « nous avons encore dans l’imaginaire collectif l’idée que nous allons échapper à une série d’impacts du changement climatique, cette idée que les vagues de chaleur sont encore des événements exceptionnels ».

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Lutter contre le changement climatique

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Il est donc nécessaire d’arriver à ce constat, aussi affligeant soit-il, afin d’aboutir à la mise en place rapide de solutions parfois simples, efficaces et économiques pour lutter contre la chaleur accablante. Plus généralement, afin de limiter la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes, la lutte contre le changement climatique à grande échelle et sur le long terme reste déterminante et relève davantage des pouvoirs publics que de la prise de conscience individuelle. Lire aussi : Recharge solaire pour véhicules électriques : Monabee innove. « Minimiser nos émissions de gaz à effet de serre est la première solution », déclare François Gemenne.

« Le gouvernement doit accélérer la transition verte, investir massivement et rapidement dans la rénovation des logements, accompagner les plus précaires et élaborer des plans de mobilité fluides », a déclaré Fanny Petitbon. Le béton ». Il regrette que « les petits gestes soient mis en lumière face aux alertes qui composent les rapports du GIEC, les canicules en Inde et au Pakistan, la sécheresse en France… » et rappelle que « la France a été doublement condamnée par le l’inaction et doit sortir de l’illégalité d’ici la fin de l’année. »

Le Parlement européen étudie mardi un « paquet climat » visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 55% d’ici 2030, par rapport aux émissions de 1990. Par ailleurs, Emmanuel Macron, qui a confié la planification écologique à son premier ministre, a promis en février de multiplier de dix la capacité du photovoltaïque en 2050, pour dépasser les 100 gigawatts.

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